Retour pèlerinage Arménie – septembre 2015

44 personnes… à la découverte de l’Arménie, terre chrétienne et ses monastères sacrés…, … à la rencontre de l’église arménienne…

Nous voici à Erevan, capitale de la République d’Arménie actuelle qui n’occupe plus qu’une petite partie de son territoire historique.  Pour cet état jeune, l’ère soviétique a été une parenthèse dans 3000 ans d’histoire ; cette longévité fait l’orgueil d’une nation forgée dans le creuset du monde antique et qui a survécu aux avanies du temps jusqu’au génocide perpétré en 1915 par l’empire ottoman, qui raye de la carte l’Arménie occidentale, à l’est de la Turquie causant la dispersion, notamment en France, des rescapés arméniens. C’est la rencontre avec un peuple d’une incroyable hospitalité.

Les montagnes arméniennes renvoient l’écho de certains de nos grands mythes, du jardin d’Eden à l’arche de Noé, dont les vestiges seraient toujours prisonniers des neiges de l’Ararat, montagne sacrée des Arméniens que les aléas de l’histoire ont située en Turquie.

Pour commencer, nous visitons Guéghard (monastère dans la roche) et un quatuor mixte nous enchante. Nous continuons par le temple païen de Garni, unique temple hellénistique conservé sur le territoire arménien. Joie de déjeuner chez l’habitant dans un cadre champêtre qui nous permet de faire connaissance avec nos voisins de table. A Erevan, messe d’ouverture du pèlerinage (messe pour la paix dans le monde) chez les sœurs de Mère Teresa.

Le lendemain, découverte de la forteresse d’Amberd, de la ville d’Achtarak, où nous vivons la messe pour l’unité des chrétiens chez l’habitant, autour de la table familiale. Journée très riche et dense, depuis la visite de la basilique paléochrétienne de Tziranavor jusqu’au musée et mémorial de Tsitsernakaberd dédié aux victimes du Génocide de 1915.

Le christianisme étant religion d’état depuis l’an 301, les monastères, basiliques, églises abondent et en ce dimanche, nous avons la joie de découvrir Etchmiadzine, centre spirituel de l’église apostolique arménienne, de visiter la cathédrale et le musée de la résidence catholicossale et de participer à une partie de l’office dominical. A Talline, visite de la cathédrale Sainte Mère de Dieu du VII siècle. Route pour Gumri où deux jeunes de l’orphelinat tenu par les sœurs catholiques nous offrent le pain et le sel, signe de bienvenue.

Très belle messe dominicale dans la chapelle (les Sœurs se joignent à nous). Ensuite Sœur Aroussiak nous parle de leur mission.

Le lendemain est consacré à la découverte de Sanahine et Haghpat, monastères qui ont été de grands centres d’enseignement et qui sont inclus au patrimoine mondial de l’Unesco. Fête de Saint-Matthieu. Nous célébrons la messe au sein du dernier monastère et le prêtre arménien se joindra au Père Pelen pour la prière finale. Ils porteront chacun un cierge de l’autel. Moment d’unité !

Les autres messes du pèlerinage auront lieu, soit au sein d’un monastère avec la bénédiction d’un prêtre arménien, soit dans l’église catholique d’Erevan.

Notre pèlerinage nous a permis de rencontrer un peuple courageux, accueillant, qui a souffert et qui a gardé la Foi.

Ce pèlerinage m’a permis d’échanger avec des « couramiauds » aperçus ici où là. Le programme était bien étudié.

Renée CLEMENT

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Pèlerinage en Arménie : 17 au 24 Septembre 2015

L’Arménie ! Ancienne petite république soviétique, indépendante depuis 1991, blottie au pied du Caucase, entre Mer Noire et Mer Caspienne… dont on ne connaît bien souvent que les malheurs : effroyable génocide de 1915, tremblement de terre meurtrier de 1988, terrible guerre avec l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabagh…

mais, également, la grande gentillesse des Arméniens de la diaspora, bien présents à St-Etienne et à St-Chamond… est un pays qui vaut la peine d’être visité ! C’est ce que nous avons pu faire, grâce au pèlerinage, sous la houlette de Père Yves Pelen.

Chaque jour, nous avons découvert des paysages variés : hautes montagnes : le mont Ararat domine de ses plus de 5.000 m et de sa majesté glacée, tout le pays… même s’il est en Turquie ! Il nous renvoie aux mythes fondateurs : l’Arche et les vignes de Noé, le jardin d’Eden… Vallées profondes, plaines immenses, forêts denses parsemées d’églises et de monastères plus extraordinaires les uns que les autres. Ils nous rappellent que l’Arménie est terre chrétienne depuis 301.

Nous avons puisé aux sources de ce christianisme profondément inscrit dans la pierre et dans les cœurs. Nous avons prié au cours des célébrations quotidiennes, joyeuses et ferventes… dans des lieux improbables : chapelle de l’orphelinat des Sœurs de Mère Teresa, jardin d’un particulier, véritable jardin du Paradis ! petite église Ste Mère de Dieu dans le monastère d’Hagpat, vaste réfectoire du monastère retrouvé d’Hovanavank, communauté Notre-Dame d’Arménie à Gumri, accueillis par Sœur Arousiag Sajonian, ou bien la petite église catholique St-Serge cachée au fond de son joli jardin et dominée par la laideur lourde et grise des tours d’habitation d’inspiration stalinienne.

Nous garderons le souvenir d’un pays courageux, en pleine mutation, où la population nous a accueilli avec le sourire, heureuse d’échanger avec nous quelques mots de français… où le talent artistique et la foi vivante se révèlent dans chacun de ses monuments et de ses nombreux musées : merveille des 17.000 manuscrits enluminés du Matenadaran ! ronde des monastères et des églises dressées dans des lieux d’une remarquable beauté depuis le IXe, XIe, XIIIe siècle… visite recueillie et émouvante au mémorial  du génocide où brûle la flamme de la mémoire. Tour est beau dans ce pays, mise à part les quelques ruines délabrées des usines abandonnées par l’Union Soviétique.

Ce pèlerinage nous laissera un souvenir inoubliable, plein de lumière, de soleil et de foi.  Merci aux organisateurs. Merci au Père Yves Pelen.

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PELERINAGE  EN  ARMENIE : retour sur l’histoire d’un peuple

« Qui perd sa langue perd son âme » ai-je souvent entendu, mais on peut aussi dire « Qui perd sa foi perd son âme ».

Ces deux caractéristiques sont les rameaux  de l’identité arménienne liés par leur alphabet créé au début du Vème siècle, ciment de leur identité à travers les siècles, car unique au monde. Ainsi on comprend mieux comment les arméniens ont résisté aux envahisseurs voulant leur imposer leurs  coutumes et leur religion, que ce soit les Romains, les Perses, les Ottomans, les Russes … à travers les siècles.

Convertis au christianisme en 301, l’église sera leur refuge face aux tentatives d’assimilation  (tout comme les Polonais plus tard résistant à l’orthodoxie russe).

Bien que chrétienne de part et d’autre, cette foi propre reste un sérieux roc auquel se raccrocher. Les traces visibles de la foi arménienne se retrouvent dans leurs innombrables églises et monastères et leurs célèbres croix appelées « khatchkars » ciselées comme de la dentelle.

Comment résumer l’histoire de l’Arménie ? Pays qui, historiquement, s’étendait sur l’Iran, la Turquie, la Russie : entre l’Asie Centrale, le moyen orient (état charnière entre l’occident et l’orient) … Dois-je vous parler de l’arche de Noé échouée, d’après la tradition sur le mont Ararat symbole de ce pays, mais que les turcs leur ont pris en 1921 ?  Mais plutôt de l’histoire avec toutes ses vicissitudes. Le mot Arménie du peuple des « Armènes » apparaît au VIème siècle avant JC . Ce pays connaît déjà les invasions d’Alexandre le Grand, le passage des Perses, des Romains, et plus tard Arabes et Turcs sans oublier les Mongols !

Au premier siècle avant JC sous le règne de Tigrane II, c’est un puissant état qui couvre une partie du moyen orient. Le romain Pompée s’allie aux Perses pour vaincre Tigrane II et l’Arménie perd une partie de son territoire.

Au troisième siècle après JC les Perses assassinent le roi. L’héritier du trône fuit à Rome, puis il revient dans son pays et soulève le peuple pour chasser les Perses. C’est sous le règne de Tiridate III qui le christianisme est adopté en 301, grâce à la foi de Grégoire appelé par la suite « l’Illuminateur ». Le roi organise une puissante armée pour défendre la foi du premier état chrétien du monde. Avec Saint Grégoire, l’église arménienne devient comme les autres patriarcats « autocéphale », c’est-à-dire indépendante. Saint Grégoire meurt en 325.

Au Vème siècle  un roi de Perse veut obliger les arméniens à renoncer à leur foi. « Ni l’épée, ni le feu, ni l’eau ne  les feront renier », car un prince Vartan Mamikorvian prend la tête de la révolte. Il affronte 300.000 Perses en 451, et meurt avec un millier des siens, devenant le symbole des sacrifices consentis pour rester fidèle au christianisme.

Le « Jour de Vartan » est commémoré chaque année par l’église. C’est le « Vartanant 3 », fête des enfants. Le sacrifice n’a pas été vain, les Perses renoncent à déchristianiser l’Arménie.

Le VIIème siècle voit apparaître l’Islam : attaques périodiques des musulmans. Vers 850 un prince dresse le peuple contre l’occupant, contraignant les arabes à accorder une semi indépendance. Peu à peu, le pays se couvre de monastères, l’art religieux se développe. Aux Xème et XIème siècles, l’Arménie a atteint un niveau de civilisation remarquable. Le commerce est florissant. Les exportations appréciées de l’occident. Grâce à l’alphabet inventé au début du Vème siècle par le moine Mesrot Machtots , l’activité littéraire est grande. Un grand saint, de plus poète, Grégoire de Narek qui vécut de 945 à 1010 marque son époque.

Les siècles suivants ? l’Arménie est divisée en plusieurs royaumes dont la Cilicie entre la méditerranée et le nord de la Syrie. A la fin du XIème siècle, moment où  les Turcs occupent Jérusalem, les premiers croisés sont accueillis par Constantin, le fils du prince Rouben mort en 1045. Les Arméniens combattent au côté des croisés et les aideront beaucoup à consolider les royaumes chrétiens.

Au fil des siècles les attaques turques, mongoles avec Gengis Khan et plus tard Tarmelan laissent un atroce souvenir : saccages, enlèvements, massacres, déportations.

Par migrations successives les Arméniens quittent leur patrie. Les Turcs ottomans conquièrent une grande partie de l’Europe Centrale et, à leur tour, persécutent les Arméniens. Au XIVème siècle, l’Arménie est au centre des rivalités entre les nations.

1828 : traité Russo-Perse où les derniers territoires occupés par les Perses  sont cédés au tsar qui encourage les Arméniens à émigrer en Russie.

1829 : même genre de traité avec l’empire Ottoman qui entraîne une migration importante.

L’influence des Arméniens en orient au XIXème est relativement méconnue. Pourtant elle a été considérable dans l’empire Ottoman : médecins, juristes, professeurs développent l’influence culturelle occidentale et française. Dans l’empire russe ils fournissent des généraux,  font prospérer l’agriculture prospectent le pétrole. Ce sont des commerçants industrieux et actifs. Cela n’empêche pas la Russie de mener une politique de « russification », comme ils l’ont tenté en Pologne.

En Turquie, dans l’indifférence des autres nations, c’est pire : ce sont les premiers massacres par le sultan en 1894-1896, provoquant l’exil vers l’Egypte, les Balkans et les USA. Aucun gouvernement n’a voulu soutenir la cause arménienne.

1914 : la Turquie entre en guerre ! Les Arméniens du Caucase refusent de se soulever contre la Russie. Tirant prétexte de la « trahison des Arméniens », profitant de la situation internationale en 1915-1916 c’est l’extermination de la population. Premier génocide du XXème siècle.

Après ce génocide, les Arméniens se battent pour ne pas disparaître.

1918 : fondation de la république d’Arménie. Le traité de Sèvres en 1920 prévoyait une Arménie indépendante englobant des territoires ottomans. Cela ne sera pas ratifié. Elle perd 9 dixièmes de son territoire, alors que la Turquie alliée des Allemands était aussi vaincue !

Mustapha Kemal lance ses dernières troupes sur l’Arménie en 1920 et parachève le génocide. La république d’Arménie est soviétisée et intégrée à l’URSS en 1924.

Le génocide sera reconnu par le parlement européen en 1987, Ankara refusant de le reconnaître.

1991 : dissolution de l’URSS. L’Arménie amoindrie s’empresse de proclamer son indépendance le 21 septembre.

Depuis, ce pays courageusement essaie de se relever économiquement avec difficulté car c’était « Moscou «  qui dirigeait et finançait. Le séisme de 1988 n’a rien arrangé. Les reconstructions sont lentes. Les usines ont fermé faute de matières premières fournies auparavant par les républiques sœurs. Le chômage est élevé. De nombreux arméniens vont travailler en Russie (car on étudie toujours le russe à l’école, un atout).

Les arméniens restent courageux. « Mère Arménie » la grande statue qui domine Erevan la capitale veille sur ses enfants. 3000 ans d’histoire n’ont pas altéré le rayonnement de ce peuple uni par la langue, l’écriture, la foi.

Mme Foucherand

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